ce que je te dit
tu ne peux l'entendre
car je ne le dit pas.
c'est ton imagination qui fait bouger mes lèvres, qui fait claquer des sons dans tes tympans.
Jamais je ne parle
toujours je pense
jamais je ne dit
toujours je réfléchie.
ce que je te dit je ne le dit pas à toi.
je le dit à moi,
mes mots résonnent dans ma tête en bordel,
ils se cognent au martellement d'une grosse caisse vers le fond,
ils s'emmêlent les syllabes dans dans cordes qui ne cessent de vibrer,
ils se mélangent à des voix qui hurlent des mots à peine compréhensibles tant ils sont écorchés.
mes mots sont pris dans un tourbillon de folie.
ce que je te dit, je ne peux pas te le dire,
car si j'osais simplement ouvrir la bouche, un ouragan en jaillirai pour tout dévaster.
alors plutôt que l'humanité, je le laisse me détruire lentement par des cyclones impitoyables.
je m'accroche tant que je peux, de toutes mes forces à des sentiments, des souvenirs, des pensées.
incessable tapage dans ma tête;
c'est une guerre en moi...
j'entends le coeur d'une caisse énorme qui bat à un rythme régulier, des simbales qui tremblent, des cordes qui vibrent, des voix qui gémissent, des canons qui crachent, des éclats qui sifflent des mélodies douces en fendant l'air... affrontement de sentiments, de pensées, de rêves...
une tête pleine d'incertitudes...où se déroule une pénible tuerie.
parmi les effusion de larmes, les coeurs transpercés, les souvenirs revenants d'on ne sait où, un petit homme trône sur un cheval et observe la scène du haut d'une colline... le napoléon des mes sentiments déboussollés. petit homme arogant et prétentieux, qui ne souhaite qu'étendre son territoire jusqu'au fin fond de moi-même.
amoureux du mal être d'autrui... il sourit devant mes larmes...
et toi, tu crois que je te parle
tu crois que je me tais,
tu crois que tout va bien et sous le ciel bleu tu m'écoutes...
sauf que le ciel est rouge, les éclairs le déchirent, la tornade détruit tout sur son passage.
ce que je te dit tu crois que je te le dit
et tu m'entends rien,
tu n'entends ni la douce mélodie qui tente de masquer le carnage, ni le rire gras et débile du salaud qui contemple "sa" bataille, à l'abris de ses barricades, ni le vent qui souffle sur la plaine recouverte de feuilles automnales, trempées de sang, ni les chocs des lames baignées de larmes . tu n'entends même pas les cris des perdants, les pleurs des gagnants... plus personne ne comprends,
tous se sont perdus en chemin...
ce que je te dit, tu l'a comprit...
sur moi, soudain , s'abat le poids des MoTs
sur toi, tombe le poids du SiLeNcE
sur nous, mes pensées, ton imagination, nos rêves respectifs, mes souvenirs, tes sourires, nos sentiments chiffonés... s'abat l'écrasante légèreté de la ViE...
... pourvu que le chaos soit calme...